Le Beau, c'est la nuit qui tombe sur le pont des arts, c'est courir à en perdre haleine à une heure du matin sur une avenue interminable, et rire à en faire frémir les pavés, c'est boire sur le champ de mars avec deux milles personnes et tout à coup la tour eiffel scintille, et un fabuleux soupir d'étonnement s'élève de la foule, c'est s'arrêter en pleine forêt, les fougères qui craquent dans le froid, la fumée des cigarettes et les souffles qui se confondent, et son sourire, c'est courir sur une plage en plein mois de novembre, c'est passer des soirées assis à quinze dans une pièce à discuter de tout et de rien, c'est passer une nuit dans une chambre d'hôtel à athènes, avec des gens innatendus, à mélanger toutes les langues possibles et imaginables pour tenter de saisir l'instant en plein vol, c'est être assis sur un trottoir romain à trois heures du matin à songer à la soirée qui vient de se dérouler, c'est pleurer dans le métro du mélange d'une note et d'une phrase d'un bouquin, c'est être allongée sur la grand' place de bruxelles, la tête sur des pavés mal agencés, à regarder les nuages se faire et se défaire, c'est, en ne faisant que regarder une personne particulière, ressentir à en crever, c'est un train qui s'en va sans remplir une attente, c'est jouer les filles de l'air et arriver frigorifiée en pleine nuit pour partager une couette à peine assez chaude pour deux, c'est un balcon et trois filles à une heure du matin, le boulevard saint germain et nos rires qui résonnent à en réveiller tout Paris.
C'est rire de ses erreurs de jeunesse, de ces monumentales conneries qu'on ne doit jamais regretter.